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Sujet de discussion: Quel type de joueur etes-vous ?

Je vais me prêter au jeu et répondre à cette question de l’éthique et de ma vision de l’impactdu jeu vidéo dans ma vie.

 

Tout d’abord, avec mes plus de 40ans dont les 3/5 ont étévoués aux jeux vidéo, j’ai été à la fois un utilisateur et un acteur de la culture JV.

 

Utilisateur dès mon enfance avec la console Atari puis sur Amstrad et Amiga, j’ai vécu l’âge de la rue vers l’espace ludique du virtuel et cette deuxième identité que l’on nomme chez les Hardcoregamers « l’être numérique » ou « avatar ». Durant cette époque la « vindicte populaire » jetait sur le jeu vidéo ses peurs et ses faiblesses. Si un acte violent ou abject était réalisé par un Gamer jouant à un jeu violent ou un jeu à la morale douteuse, c’était le jeu vidéo qui en était la cause. A cette époque le grand Satan se cachait derrière le pixel et les grands penseurs ne comprenaient pas qu’ils ne voyaient le sujet que par le petit bout de la lorgnette. Etre Gamer ou pire Hardcoregamer était donc un handicap et devenait un tabou à ne pas servir à la table des non-initiés.

Aujourd’hui nous savons que l’espace virtuel du jeu vidéo est moins assimilable à la réalité que la publicité ou la presse. Car le jeu vidéo est tout simplement virtuel, il n’est pas la réalité mais juste une dimension supplémentaire qui nous permet d’expérimenter des actions qui nous serait souvent impossible de faire dans la réalité. Combien de joueurs de jeu de guerre ont-ils utilisé une véritable arme dans leur vie ? Combien de gamer ont déjà tué un policier, fait exploser une bombe, écrasé une personne âgée ou trucidé ses parents dans la réalité ? Et un autre exemple vu sous un autre angle et sous forme de blague de Geek : Si tu as une superbe villa de 200m², trois voitures de luxe, du succès en amour, un boulot super intéressant, des dizaines d’amis et plusieurs millions sur ton compte en banque… Bin, c’est que tu es un SIM ! Nous savons où sont les limites du réel, nous l’expérimentons tous les jours quand nous passons du jeu à la réalité. Et vous !
 

La plupart des anciens joueurs ont déjà mis en évidence chez eux les deux personnalités qui sont, « l’être numérique » ou Avatar et leur personne réelle que nous nommons entre Gamers « l’être analogique ». Le sujet principal de modération est bien le fait de donner du sens à ses deux antagonismes. Bien construire son être virtuel c’est tout d’abord ne pas laisser ses préoccupations réelles entrer dans le monde du ludique. Car si ludique il y a, c’est bien pour s’évader quelques minutes du monde du réel, voyager, s’émerveiller, se surprendre, se défouler et bien sur décompresser. C’est donc aussi faire la part des choses et ne pas mélanger être virtuel et réel, c’est la protection de l’individu et de son image sur les réseaux. Responsabiliser l’utilisateur autant à son image qu’à son utilisation.

Actuellement les jeux en réseau et les jeux « massivement multi-joueurs » (MMO) ont ouvert la porte à de nouvelles expériences qui intéressent aussi les entreprises. Une évidence, comment des responsables de guilde gèrent leur groupe et leurs objectifs, alors que les contraintes et obligations des joueurs ne sont pas contrebalancées par un salaire ou une valorisation stable. Quelles sont les leviers qui font avancer les joueurs et comment sont-ils mis en œuvre ? La sensibilité à avoir dans le monde numérique n’est pas la même que dans le monde réel. L’interface n’est pas la même et la communication doit savoir fait place à la modération, l’autorité à la passion. Vaste sujet sur lequel je ne m’étendrai pas plus dans ce post mais qui mérite d’être cité.
 

À mon âge, la modération est la suite logique dans cette passion. Une petite histoire personnelle l’illustre bien le sujet. Il y a quelques années, même 20 ans, oups, je faisais du stop quand un motard s’arrêta. Il me passa un casque et il m’emmena jusqu’à chez moi. Quand je l’ai remercié, il me répondit : Le jour où tu verras un auto-stoppeur, tu lui rendras la pareille! Alors aujourd’hui c’est la route que je suis. Faire découvrir ce que je sais, ne pas autoriser ou interdire mais passionner et orienter. C’est pour moi la façon la plus responsable et non-intrusive de faire expérimenter ce que je sais déjà ! Ouvrir la discussion et argumenter sans jamais juger. Le jeu vidéo m’a donné cette ouverture d’esprit qui me permet d’accepter les erreurs d’autrui avec assez de détachement pour comprendre que nous avons tous le droit d’expérimenter et donc à l’erreur. « Une leçon sans exercice n’est jamais complètement comprise ni assimilée. »

Pour finir, vous comprenez que je peux en parler sans fin et sur tous les vecteurs qui articulent ce sujet passionnant,
alors je dirai plus que ça : A vous !

Dernière mise à jour à 14 Novembre 17 20:14 par Christophe Roveri.