25 Mai 2018 par

La planète bleue a été baptisée ainsi grâce à ses vastes étendues d’eaux. Mais qu’en est-il aujourd’hui, alors qu’un septième continent de déchets est né sur les océans ? La pollution des mers n’est pas un mythe, mais une bien triste réalité… Plus aucune plage n’est épargnée par les déchets plastiques… Les chiffres sont éloquents et parlent plus que des mots…

 



Crédit image ecoenrtv.com

 

Le plastique par millions

Ce n’est plus par quelques kilos que l’on compte désormais les déchets déversés dans les eaux. Chaque année, plus de 8 millions de tonnes de plastique y sont déversées. Bien que l’Homme n’ait exploré que 5 % des océans, il utilise cet espace mystérieux comme poubelle humaine. Les gyres océaniques naissent aux quatre coins du globe : dans l’océan Indien, l’océan Atlantique nord et sud, l’océan Pacifique nord et sud. Avec elles, plus de 269 000 de tonnes de déchets plastiques flottent en permanence sur l’eau.

 

Les déchets pétroliers

Que dire des quelque 15 000 plateformes pétrolières gisant sur les mers des quatre coins de la planète, afin d’exploiter les gisements sous-marins… Cela engendre de graves problèmes lorsque lesdites plateformes ne sont pas fiables. Cela a notamment pu être constaté au Mexique en 2010, date à laquelle la plateforme a explosé, engendrant la dissémination de 780 millions de litres de pétrole dans les eaux de l’océan Atlantique. Et cela arrive très régulièrement.

Il est également bon de rappeler qu’en favorisant le commerce mondial, chacun d’entre nous favorise également la pollution des océans. En effet, le commerce maritime concerne 90 % du transport mondial. Certes, pour les industriels, les coûts sont moins élevés qu’en avion, mais la pollution est aussi bien plus importante.

 

Des impacts sur les espèces marines

Pour l’heure, 200 000 espèces différentes ont pu être comptabilisées sous les eaux salées. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, cela n’équivaudrait qu’à 20 % des êtres vivants ou végétaux soupçonnés d’exister dans les océans. Chaque année, 250 nouvelles espèces sont découvertes. En 10 ans, les spécialistes ont pu compter 780 nouvelles espèces de crabes, 186 espèces de crevettes et 28 homards en plus de celles déjà connues ! Cela étant, l’Homme a également supprimé 90 % des plus grands prédateurs des eaux en à peine 55 ans. Il est également intéressant de noter qu’environ 100 millions de requins sont tués par an, et ce, de la main de l’Homme ! Et les chiffres ne s’arrêtent pas là : 300 000 gros animaux marins sont tués chaque année dans les filets de pêche. Certains cétacés partageant le même secteur que le thon, sont victime des filets de pêche. Parmi eux, des baleines, des marsouins et surtout des dauphins. Outre l’impact écologique, la pollution des océans sous toutes ses formes, engendre une retombée vitale.

 

Des impacts sur les générations futures

Il est bon de rappeler qu’avec le réchauffement climatique, le niveau des océans s’est élevé de 19 cm depuis la fin du XIXe siècle. D’après les experts, si rien n’est fait, celui-ci pourrait atteindre 1 m d’ici 2100. Comme le dit Cécile de France, « d’ici 30 ans, si nous ne faisons rien, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans ». L’Homme jette en moyenne trois fois plus de déchets dans les océans que ce qu’il n’y pêche comme poissons ! Et c’est dire, lorsque l’on sait à quel point la « surpêche » tue les espèces marines… Cela a et aura inévitablement des répercussions sur la santé des générations futures. À commencer par une fertilité moins élevée, une alimentation moins diversifiée, de possibles carences alimentaires et des restrictions sévères quant aux jouissances que l’on connait aujourd’hui.

 

De l’espoir en vue ?

Ce sombre tableau pourrait peut-être retrouver quelques couleurs. En effet, des scientifiques de l’université britannique de Portsmouth ont pu découvrir une bactérie au Japon. Celle-ci serait capable de se nourrir de plastique. Baptisée Ideonella Sakaiensis, elle se nourrit de polytéréphtalate d’éthylène (PET), notamment utilisé pour la fabrication de bouteilles plastiques. Des études sont en cours sur le sujet afin de pouvoir utiliser cette bactérie pour accélérer le processus de destruction du plastique dans la nature.

D’autres projets voient également le jour, comme celui de Boyan Slat, ce jeune étudiant néerlandais de 20 ans. Grâce aux crowndfunding, il a réussi à lever 2 millions de dollars pour réaliser son projet de construction d’une plateforme, capable de nettoyer le plastique des océans. Le navigateur Yvan Bournon souhaite aussi construire un quadrimaran capable de nettoyer les mers. Des projets ambitieux, mais qui prouvent qu’une solution est toujours possible.

 

 

Publié dans: Ecologie